JOSQUIN FLOURET, portrait d'un auteur


L’époque a ceci de bon qu’elle permet de « dégager » les fausses gloires, de recouvrir, d’une nouvelle pelletée de terre, les nullités inhumées genre d’Ormesson – l’idole des anciens U.D.F. – et de laisser émerger des nouveaux talents d’exception.

A classer, parmi ceux-ci, ce jeune homme mûr, qui eût pu accompagner Arthur dans ses errances, projetant, récidiviste, quelque mauvais coup « pharamineux » et livre cet ouvrage invraisemblable que les avisés s’arrachent et commentent jusqu’à plus soif.

Flouret n’est pas sur Facebook, ne se laisse pas photographier, est connu par la bouche sur l’oreille, organise son confinement, couvre le feu pour mieux l’étendre, projette de tout détruire d’un coup de tête et considère l’écroulement des Tours jumelles (il y a vingt ans !) comme l’effondrement minable d’un château de cartes soufflé par des étudiants dépressifs. Ses femmes sont en fuite, devenues folles, ses amants, inconnus, peut-être n’est-ce qu’une médisance de repoussés, ses amis…en a-t-il ? Ses ennemis sont innombrables, déterminés, féroces, armés : c’est la foule, qu’il traverse.

Josquin Flouret est catholique : c’est un authentique révolutionnaire. Il visite les couvents, les pille, les bouleverse, tue les prêtres de ses confessions, chatouille les paroissiennes dans l’obscurité des chapelles reculées. Et il écrit. Et mieux que bien. Il a beaucoup lu, atrocement souffert, subi toutes les injustices nécessaires. De ce feu, est né « Vaccins » (Le Saule pleureur), qui circule sous le manteau mais peut se commander sur Amazon. Tout son paradoxe.

Il y est question de son double, Charles, qui aime une aristocrate, Clotilde, d’une passion unique pour ce sexe. Charles est fou. Charles est fou d’amour. Il se consume, se défend, les chiens de la psychiatrie lâchés sur lui, la famille participant à la battue, les copains aboyant, il est un petit renard qui se déguise en loup-garou. Et parvient à faire peur, à se faire peur. Il brise les vitres et disparaît. Il n’existera plus, peut-être que dans ses œuvres.

« Vaccins », le livre de l’après ?


CLM

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